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Le camp de Neu-Stassfurt

''REH'', extrait de l'historiographie d'un kommando de Buchenwald, 17 Aout 1944 - 8 Mai 1945. Une réalisation de l'Amicale des Anciens Déportés à Neu-Stassfurt et de leurs familles.


Le 13 septembre 1944 un transport de 500 déportés partit de BUCHENWALD pour une destination inconnue. Il arriva le 14 au petit matin à NEU-STASSFURT à 8 kilomètres environ, au nord-ouest du Chef-lieu du ''KREIS STASSFURT'' et à 1 km au Nord de Lôderburg.

La ville de Stassfurt se trouve dans la lande de Saxe-Anhalt, à 30 kilomètres au sud de Magdebourg. D'importance Moyenne, elle est connue pour ses mines de sel (carnalite ou kali : Chlorure double hydraté de magnésium et de potassium).

L'administration S.S. désigna ce Kommando sous le nom de code ''REH'' (Chevreuil) mais les déportés l'appelaient ''Kommando de Neu-Stassfurt''.

C'est ainsi que les schutz-häftlinge (détenus pour la sécurité) du Kommando de Neu-Stassfurt fournirent une main d'oeuvre taillable et corvéable à merci, à différentes firmes et entreprises chargées d'aménager une usine souterraine dans les immenses salles des mines de sel et de potasse de Neu-Stassfurt.



Le Camp

C'est à proximité d'un des nombreux, puits de mine que le Kommando fut installé, au coeur d'une lande inculte, dans une dépression de terrain plate et dénudée, parsemée de crevasses et d'entonnoirs dus à la mine. Ses dimensions étaient celles d'un rectangle de 400 mètres de longueur sur 150 mètres de largeur.
Il se compsait de 4 baraques en bois (blocks) parallèles.

La première comprenait les chambre 1 et 2
La deuxième, les chambres 3 ; 4 et un petit magasin d'habillement
La troisième, les lavabos et l'infirmerie (revier)
La quatrième, plus petite, la cuisine et le magasin à vivres.
Un peu à l'écart de la cuisine, un réduit servait de W-C.

A l'extérieur de la double ligne de barbelés, face à la porte d'entrée, 2 Baraquements servaient de cantonnement aux gardiens SS.
Ce camp était neu et les nouveaux arrivants en furent les premiers occupants.

Des prisonniers de guerre italien (de l'armée Badoglio) mettaient la dernière main à l'installation des barbelés quand les Français arrivèrent le 14 septembre 1944. Ils devaient y rester jusqu'au 11 avril 1945, jour de l'évacuation du Kommando.



Le Commandemant S.S.

  • Lagerkommando Chef de camp : Sturmscharführer WAGNER (adjudant-chef S.S.)
  • Rapporführer(chef inspecteur) adjoint au chef de camp
  • 30 S.S., hommes de garde du camp et des kommandos de travail
  • Les S.S., gardien du camp, chargés de la surveillance des kommandos de travail étaient de tous les ages. Souvent inaptes au services actif pour handicap ou blessure de guerre ils avaient été versés, quelquefois d'office, dans la S.S. pour la garde des prisonniers de sécurité.

Leur identité étant inconnue, les déportés les désignaient par des surnoms ou sobiquets ''Jaune d'oeuf (caporal au teint d'ictérique) - ''Oeil de lynx'' (borgne) - ''Tête de mort'' (sinistre brute au visage émacié) - ''Fil de fer'' (longiligne) - ''Croque mort'' - ''Le canard'' - ''Le furieux'' - ''Tout fou'' - ''Mickey'' - ''La panthère...



L'organisation interne

  • Lagerältester (doyen du camp - chef de camp) : Bernard BAUR ALlemand.
  • Blockältester (chef de block) : Yanek Polonais.
  • Lagerschutz (Policier du camp) : Victor Zavadski Francais considéré comme Polonais par les Allemands.

Les Kapos
Ces auxiliaires des SS, purs produits des camps où is étaient enfermés depuis de longues années, étaient des brutaux, sadiques et de moeurs immorales. Ils n'étaient connus que par leur prénom :

Adolphe de son nom Glebenski : Kapo de la mine, allemand.
Adam tailleur, polonais (Adamczick en fait).
Jim,interprète polonais.
Erwin Kapo allemand.
Valentin kapo allemand
Fritz de son nom Neubert : Kapo cuisine, allemand

N.B. dans cette organisation interne, des déportés français étaient affectés à différentes tâches : 5 travaillaient à la cuisine, un médecin (le Docteur ESCUDIER), un infirmier (Max OVAZZA) et 1 secrétaire (CAUCHY) à l'infirmerie (revier) Joseph FIMBEL assurait tâche difficile, l'interprétariat du kommando.



La vie au quotidient

Les conditions de vie, dans ce petit kommano, telles qu'elles sont définies dans les rubriques ci-après étaient effroyables et inhumaines.

4H30 - 5H30 : Réveil, distribution d'un ersatz de café, pain noir
5h30 - 6h00 : Rassemblement à l'extérieur des blocks
6h00 : Départ pour les kommandos de travail
6h30 : Début du travail
12h00 - 12h30 : pause pour le déjeuner des gardiens
entre 17H30 - 19H00 : Arrêt du travail, retour au camp
19H30 : Distribution de la soupe
20h00 - 20H30 : Appel
21H00 - 21H30 : Extinction des feux

Ces horaires étaient différents pour les travailleurs de nuit, mais le principe de répartition du temps était similaire.



L'Appel

Comme dans tout l'univers concentrationnaire, les détenus devaient se prêter au cérémonial de l'appel : celui-ci avait lieu par n'importe quel temps et était bi-quotidien. Il avait lieu, même par les plus grands froids, celui du matin étant plus court que celui du soir. C'était un calvaire, surtout lorsque les S.S. ou les Kapos décidaient de l'agrémenter de séances de gymnastique épuisantes.



La nourriture

Tous les déportés étaient obsédé par la nourriture. Très rapidement, la faim devint lancinante. Les travailleurs de force du Kommando ''REH'' s'affaiblirent rapidement.

Le matin
300 gr de pain noir, 10 gr de margarine
1 cuillerée de confiture synthétique
ou, 1/2 tranche de boudin noir (blut wurst) parfois 1/4 litre ersatz café non sucré (des glands grillés ?).

Le soir
3/4 litre de soupe, et, par la suite 1/2 litre, pomme de terre, carottes, rutabagas
ou, 5/6 pommes de terre en robe parfois quelque petits morceaux de viande (10 à 20 gr.) dans la soupe.

Ces rations devaient diminuer au fil du temps et toute régularité dans la distribution cessa après le 11 Avril.



L'habillement

Comme la plupart des détenus des kommandos extérieurs des grands camps, les déportés de Neu-Stassfurt portaient la tenue rayée (pantalons - veste sur lesquels étaient cousus le numéro matricule et le triangle rouge des politiques) un bonnet rayé ou non, une chemise, un caleçon, des galoches en toile à semelles de bois, des chaussettes ruses (carré de chiffons). Les travailleurs des kommandos de surface se virent attribuer une capote. Jamais changées, ni nettoyées, ni lavées, toutes ces pièces d'habit étaient sales, en piteux état et remplies de vermine.



Les employeurs

La main d'oeuvre concentrationnaire servait, avant tout, l'effort de guerre nazi. Tous ces kommandos de travail portaient le nom d'entreprises allemandes qui ''louaient'' les déportés à la Direction Générale des S.S.

Les groupes industriels qui explotaient les déportés à NEU-STASSFURT étaient essentiellement : Walzer, Severin, Schmielau, Siemens, Max Poppel.



Les mauvais traitements

Les détenus subissaient le régime de la brutalité permanente. Les coups de crosse de fusil ou de schlague appelée aussi gummi (matraque constituée d'un tube de caoutchouc armé d'un câble électique), bastonnades, séances d'exercices, de piquet près du portail d'entrée après le travail, etc... étaient le lot quotidien de tous et de chacun. L'acharnement des S.S. à cogner sur les détenus était d'autant plus grand que ceux-ci étaient faibles, il atteint son apogée pendant la route de l'évacuation. Lors du séjour à Dittersbach ils obligèrent les déportés, pour aller chercher leurs trois pommes de terre à passer sour une haie de gourdins. Les coups étaient d'autant plus nombreux que les victimes mettaient plus de temps à parcourir le chemin.


Extrait mis en ligne avec l'aimable autorisation de l'Amicale des Anciens Déportés à Neu-Stassfurt et de leurs familles.


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